Alors que plusieurs institutions publiques d’enseignement supérieur et universitaire de la République Démocratique du Congo s’apprêtaient à clôturer leur année académique, le ministère de tutelle vient de porter un coup d’arrêt aux activités de plusieurs établissements phares des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans une correspondance datée du 20 août 2026, la ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), le Prof. Dr Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse, a officialisé la suspension de l’ensemble des activités académiques et para-académiques au sein de ces institutions. La patronne de l’ESU justifie cette mesure drastique par la détérioration de la crise sécuritaire dans cette partie du pays, marquée par la présence d’agressions armées attribuées à l’armée rwandaise et ses alliés, mais également par le souci de préserver un cadre légal conforme pour le fonctionnement des institutions concernées.
Onze établissements ciblés
À son premier article, le document ministériel dresse une liste précise de onze universités et instituts supérieurs publics frappés par cette décision. Parmi les institutions citées figurent :
- Au Nord-Kivu : L’Université de Goma (UNIGOM), l’Institut Supérieur de Commerce de Goma (ISC-Goma), l’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Goma (ISTM-Goma) et l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées de Goma (ISTA-Goma).
- Au Sud-Kivu : L’Université Officielle de Bukavu (UOB), l’Institut Supérieur de Commerce de Bukavu (ISC-Bukavu), l’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Bukavu (ISTM-Bukavu), l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu (ISP-Bukavu), l’Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu (ISDR-Bukavu) et l’Institut Supérieur des Arts et Métiers de Bukavu (ISAM-Bukavu).
Une mesure stricte avec une exception pour les finalistes
La décision ministérielle vise explicitement tous les actes liés aux inscriptions et réinscriptions, ainsi que l’ensemble des enseignements ou activités administratives susceptibles d’aboutir à la délivrance d’un titre académique ou d’un diplôme.
Face à cette situation d’urgence liée aux impératifs de sécurité dans la zone, le ministère appelle l’ensemble des corps enseignants, du personnel administratif et des étudiants au strict respect de l’ordre public et de la discipline académique pendant toute la durée de cette suspension.
Le ministère nuance toutefois sa mesure concernant une catégorie d’apprenants : les étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026 qui n’avaient pas encore achevé l’intégralité de leur cursus. Ces derniers sont exceptionnellement autorisés à présenter leurs évaluations, délibérer ou accomplir les dernières formalités académiques requises afin d’enfin clore leur parcours.
Par Joël Balume