Transformer la crise sanitaire en opportunité pour la paix : tel est le cœur du message porté par le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, lors de sa visite de solidarité en République démocratique du Congo (RDC). En sa qualité de champion de l’Union africaine pour la préparation, la prévention et la riposte aux pandémies (PPPR) et de président en exercice de la SADC, il a fermement plaidé pour l’arrêt des hostilités afin de contrer la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola.
Urgence sanitaire en zone de guerre
L’épidémie actuelle frappe de plein fouet les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, des régions déjà meurtries par les conflits armés et une crise humanitaire aiguë. Pour Cyril Ramaphosa, la violence ne peut cohabiter avec l’action humanitaire.
« La guerre n’est pas la réponse dans des circonstances comme celles-ci. C’est le moment de mettre en place un cessez-le-feu, et cette épidémie peut même devenir un catalyseur de la paix », a martelé le chef de l’État sud-africain.
Ce cessez-le-feu est jugé indispensable pour :
- Sécuriser le passage des professionnels de la santé et des humanitaires.
- Garantir l’acheminement des traitements et du matériel médical vers les zones touchées.
Un appel à la protection des soignants
Devant son homologue congolais Félix Tshisekedi, le président Ramaphosa a également interpellé les communautés locales, les invitant à faire bloc autour du personnel médical. Les volontaires et soignants en première ligne ne doivent en aucun cas être la cible de violences, de stigmatisation ou de peur.
Une menace régionale sous surveillance internationale
Déclarée officiellement à la mi-mai, cette épidémie – causée par la souche Bundibugyo et ayant déjà touché l’Ouganda voisin – a rapidement été classée comme Urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
La riposte se heurte à des défis majeurs :
- Une souche complexe : Absence de vaccin et de traitement spécifique pour la variante Bundibugyo.
- Un terrain hostile : Infrastructures sanitaires fragiles, forte mobilité de la population et zones de conflit inaccessibles, laissant craindre une sous-estimation du nombre réel de cas.
Kinshasa mise sur son expérience
Malgré les rapports alarmants de l’OMS, le gouvernement congolais se veut rassurant. Refusant tout catastrophisme, les autorités rappellent que la RDC possède une expertise solide en la matière, ayant surmonté avec succès seize épidémies d’Ebola par le passé. Kinshasa réaffirme sa mobilisation totale, main dans la main avec ses partenaires nationaux et internationaux, pour endiguer cette nouvelle flambée.
la rédaction