Dans une déclaration officielle datée de ce vendredi 15 mai 2026, les membres de la communauté Bunakima du territoire de Walikale s’insurgent vigoureusement contre les propos de Monsieur Ndayambaje Sukisa Joseph, coordonnateur provincial a.i. du P-DDRCS Nord-Kivu. Ce dernier est accusé d’avoir fabriqué de toutes pièces le chiffre de 300 enfants enrôlés chez les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP/Wazalendo) à des fins de mobilisation de fonds.
La tension monte entre la société civile de Walikale et la coordination provinciale du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) au Nord-Kivu. À l’origine de la colère de la communauté Nyanga (Mutualité Bunakima), des déclarations tenues par Monsieur Ndayambaje Sukisa Joseph lors d’un atelier du Groupe de Travail sur la Protection de l’Enfance (GTTC) à Beni, le mardi 12 mai dernier.
Du haut de la tribune, le coordonnateur du P-DDRCS avait affirmé être en mesure de sortir, sous 48 heures, plus de 300 enfants enrôlés dans les groupes armés à Walikale, sollicitant dans la foulée l’appui financier et logistique des partenaires internationaux.
Un « mensonge éhonté » pour attirer les bailleurs
Pour la communauté Bunakima, cette annonce n’est rien d’autre qu’une stratégie de manipulation financière. Par la voix de leur président, Akilimali Bamwisho Prosper, les notables locaux dénoncent un « mensonge éhonté » :
« Les missions de vérification menées sur le terrain par les membres de notre communauté, et corroborées par les mécanismes communautaires de protection de l’enfant, n’observent aucune présence d’enfants dans les rangs des groupes Wazalendo. Aucune preuve documentée, aucun témoignage vérifiable ni rapport des acteurs de protection n’étaye le chiffre de 300 enfants avancé. »
Les leaders communautaires fustigent l’instrumentalisation d’une question aussi sensible par un organe étatique censé être crédible. Selon eux, l’utilisation de ce sujet comme prétexte pour capter des financements étrangers constitue « une insulte inacceptable à la souffrance des enfants et des parents ».
La protection de l’enfance : un engagement non négociable
Tout en rejetant en bloc les accusations du P-DDRCS, la communauté de Walikale a tenu à réaffirmer sa position ferme quant à la protection des mineurs, rappelant que son rejet de toute association d’enfants aux groupes armés reste « non négociable ».
La communauté se dit pleinement engagée à documenter, dénoncer et prévenir toute forme de violation des droits de l’enfant dans la région.
Les exigences de la communauté Bunakima
Face à ce qu’elle qualifie de dérive cherchant des « intérêts partisans », la mutualité Bunakima a formulé une série de requêtes urgentes :
- Un retrait immédiat des propos : La communauté exige que Monsieur Ndayambaje Sukisa Joseph retire publiquement ses déclarations et présente des preuves tangibles.
- Le gel des financements non vérifiés : Un appel est lancé aux autorités provinciales, nationales ainsi qu’aux bailleurs de fonds internationaux pour qu’ils se basent exclusivement sur les données certifiées des mécanismes de monitoring avant d’allouer des budgets.
- Un dialogue transparent : L’organisation demande la tenue urgente d’un cadre de concertation inclusive pour clarifier la situation à Walikale.
- Une rupture de confiance : La communauté Bunakima déclare retirer officiellement sa confiance vis-à-vis de Monsieur Ndayambaje Sukisa et de ses animateurs, les accusant de raviver les tensions sociales.
« La lutte contre l’utilisation des enfants dans les conflits ne se mène pas à coups d’allégations non vérifiées. Elle exige rigueur, vérité et respect des communautés », conclut la déclaration.
La rédaction