Ce mardi 7 avril 2026 marque un tournant au sein de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO). Monsieur James Swan a officiellement pris ses fonctions de Représentant spécial, succédant à Madame Bintou Keita qui a dirigé l’institution onusienne durant plusieurs années.
À Goma, et plus particulièrement dans la commune de Karisimbi, cette passation de pouvoir est accueillie avec un mélange d’attente et de fermeté. La société civile locale, par la voix de son président Christian Kalamo, ne se contente pas de simples salutations diplomatiques et exige désormais un changement radical et palpable sur le terrain.
La fin du temps des promesses
Alors que les provinces du Nord et du Sud-Kivu demeurent plongées dans l’incertitude et victimes de violations répétées des droits humains, le cri de ralliement de la structure citoyenne est clair : l’heure est à l’action.
« Nous attendons de la MONUSCO un engagement plus concret, surtout dans la protection des civils, mais aussi une présence accrue dans les zones à haut risque pour intervenir rapidement », a recommandé Christian Kalamo.
Pour cet acteur de la société civile et défenseur des droits humains, le nouveau chef de la mission doit impérativement marier la théorie à la pratique. « Il est temps de passer des promesses aux actions visibles sur le terrain », insiste-t-il, soulignant que les discours ne suffisent plus à rassurer une population meurtrie.
Pour une collaboration franche et sécuritaire
L’un des leviers majeurs de réussite pour le mandat de James Swan sera, selon la société civile de Karisimbi, la qualité du partenariat avec les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Christian Kalamo préconise également un dialogue sincère avec les structures citoyennes. Selon lui, la société civile est la première détentrice d’informations fiables en matière sécuritaire, particulièrement dans l’Est du pays.
Cette installation intervient dans un climat particulièrement tendu, alors qu’une partie de la région reste sous l’administration du mouvement du 23 mars (M23). Le défi est immense pour James Swan : restaurer la confiance entre la mission onusienne et une population qui réclame, avant tout, de vivre en paix sur ses terres.
Par Joël Balume