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Nord-Kivu : Une Journée de l’Enseignement sous le signe de la précarité et de la colère

by Lamianews

Ce 30 avril 2026, alors que la République Démocratique du Congo célèbre la Journée Nationale de l’Enseignement, l’ambiance est loin d’être aux festivités pour les « professionnels de la craie » dans la province du Nord-Kivu. À Goma comme dans le territoire de Masisi, le cœur n’est pas à la fête : les enseignants passent cette journée commémorative sans avoir perçu leur salaire.

Un hommage de façade

Depuis 1954, cette date est censée louer le rôle crucial de l’enseignant et reconnaître ses efforts pour le développement du pays. Pourtant, sur le terrain, le fossé entre les discours officiels et la réalité socio-économique des éducateurs ne cesse de se creuser.
Pour Bandu Bauma Exaucé, porte-parole du syndicat SYNAP Nord-Kivu 3, cette célébration est vidée de son sens. Il dénonce avec vigueur le manque de volonté du gouvernement congolais, pointant du doigt les défaillances des services de paiement.

« C’est un hommage de façade. Aujourd’hui, le monde célèbre l’enseignement et les discours officiels fleurissent pour vanter ce noble métier. Pourtant, la réalité est tout autre. Comment peut-on demander à un enseignant de se réjouir pendant que ses poches sont vides et que sa dignité est piétinée ? » s’insurge-t-il.

« Une fête au goût de cendres »

Le constat du syndicat est amer : les enseignants célèbrent, selon leurs propres termes, une « fête au goût de cendres ». Malgré les promesses de régularisation, l’incapacité de l’État à garantir le salaire à la date de cette journée symbolique est vécue comme une humiliation supplémentaire par une corporation déjà fragilisée par le contexte sécuritaire de la région.

Entre résilience et spiritualité

Malgré ce climat de frustration, certaines écoles ont tout de même tenu à marquer le coup. À l’École Primaire Angalisho, située sur l’avenue Kimbilio dans le quartier Majengo (Goma), notre reporter a constaté une mobilisation particulière.
Faute de moyens pour de grandes festivités, l’établissement a misé sur l’immatériel :

  • Activités spirituelles : Des moments de prière pour confier la situation des enseignants à la providence.
  • Activités culturelles : Des manifestations modestes pour maintenir le lien entre les élèves et leurs encadreurs.
    En cette journée du 30 avril, le message envoyé par les enseignants du Nord-Kivu est clair : la reconnaissance de leur métier ne doit plus se limiter à des discours annuels, mais doit se traduire par des actes concrets, à commencer par le respect de leur rémunération.

Par Joël Balume

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